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M.T Chrétin

Maximilien-Théodore Chrétin,
l'artiste-faussaire de la Garenne (1797-1865)

En 1832, la découverte d'une canalisation dans le Parc de la Garenne dévoila d’importantes fondations liées à la présence d'une villa gallo-romaine (IIIème - Vème siècles après J-C) ainsi que de nombreuses mosaïques. Les découvertes suspectes de Maximilien-Théodore Chrétin vont faire de Nérac le centre d'attention de l'archéologie française.


La première partie, sur près de 200m, se trouvait en bords de Baïse à l’entrée de la Garenne jusqu’à la fontaine Saint-Jean et prenait la forme de pièces pavées de mosaïques.
La seconde partie, également composée de mosaïques, était située sur l'actuelle route de Nazareth au-dessus de la Garenne. La villa, appartenant probablement à un riche notable, comprenait sans doute des thermes et un temple domestique.

 

La fable d'un palais impérial

Les fouilles archéologiques subventionnées par l'État attirent des archéologues et artistes dont un certain Maximilien-Théodore Chrétin établi à Nérac depuis 1825. Alors qu'il possède un atelier de peinture à Nérac, l'administration municipale va nommer Chrétin responsable du chantier de fouilles en 1833, lui l'artiste-peintre et sculpteur...

bas relief 2

Faux bas-relief et inscriptions de Chrétin. De gauche à droite : Claude le Gothique, les deux Tétricus, Néra - 
© Musée archéologique Saint-Raymond à Toulouse 

Chrétin fit alors des découvertes remarquables qui émerveillèrent la communauté scientifique : il mit à jour une douzaine d'inscriptions et médaillons qui traitaient de l'Empereur romain Tétricus et de son épouse, créée de toute pièce par Chrétin, une certaine Néra...en référence à Nérac ! Chrétin reçut une médaille pour ses fausses découvertes et même Prosper Mérimée, pourtant Inspecteur général des Monuments Historiques, fut berné. 

 


  

À Nérac, marchez sur les traces de

Maximilien-Théodore Chrétin !

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Château-Musée Henri IV :
Exposition archéologique
2. L'Hôtel de Ville :
Mosaïques gallo-romaines
17. Parc de la Garenne :
Mosaïque gallo-romaine
 
 

 

Le procès Chrétin

En 1834, des savants commencèrent à émettre des doutes, les découvertes n'ayant aucun équivalent dans l'univers gallo-romain. Chrétin commit alors une erreur en vendant des médaillons à la Ville de Toulouse et à la Société archéologique du Midi de la France. La ville de Nérac flouée par ces ventes, pensant possédée de véritables vestiges gallo-romains, traduit Chrétin devant les tribunaux en 1835.
Maximilien-Théodore Chrétin avoua la supercherie, admettant que les bas-reliefs et médaillons n'étaient que des imitations issus de son imagination. Il dévoila alors le sens d'une inscription composée de six lettres qui attestait sa création et dont bon nombre d'archéologues et historiens avaient cherché la signification en vain : MTCNDP... qui signifiait Maximilien-Théodore Chrétin, natif de Paris !

L'artiste faussaire bénéficia d'un non lieu et la ville de Nérac, ridiculisée par cette affaire fut condamnée. Les fondations furent recouvertes et aujourd'hui il ne subsiste à l'entrée du Parc de la Garenne qu'une petite mosaïque, nous rappelant la présence de cette immense villa gallo-romaine, ainsi que d'autres mosaïques et artefacts au Château-Musée Henri IV et à l'Hôtel de Ville. 

mosaïque

Mosaïque à décor floral de la villa gallo-romaine, Vème siècle ap J-C, Parc de la Garenne à Nérac – 
© OTVA