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La reine Margot

Marguerite de Valois, la reine Margot
(1553-1615)

Marguerite de Valois

François Clouet, Portrait de Marguerite de Valois, 1572 - © Musée Crozatier du Puy-en-Velay

La vie de Marguerite de Valois, soeur des trois derniers rois de France Valois, François II, Charles IX et Henri III, est devenue au XIXème siècle un mythe grâce au roman d'Alexandre Dumas La Reine Margot.


Femme raffinée, cultivée et d’une éclatante beauté selon Brantôme, l’un de ses nombreux admirateurs, elle épouse avec de nombreuses réticences Henri de Navarre en 1572. Leur mariage célébré sur le parvis de l’église Notre-Dame de Paris sera suivi six jours plus tard par le massacre de la Saint-Barthélemy, ce qui valut à leur union le surnom de « noces vermeilles »…

La cour de Margot à Nérac

Le premier séjour de Marguerite de Valois à Nérac eu lieu du 28 juillet au 1er août 1565 dans le cadre du Grand tour de France de Charles IX entre 1564 et 1566.

Après son mariage avec Henri de Navarre, son époux venu s’installer à Nérac exige le retour de sa femme qu’il reçoit le 15 décembre 1578. Jusqu’en 1585, ils forment une véritable cour royale qui selon les Mémoires de Margot « était si belle et si plaisante que nous n’envions point celle de France ».

Dans la lignée de Marguerite d'Angoulême, Margot fait de Nérac une véritable académie littéraire. Elle accueille des lettrés et savants tels que Guy du Faur de Pibrac, magistrat et poète qui l’accompagnait dès son arrivée en 1578 ; l’historien et poète protestant Agrippa d’Aubigné, compagnon d’armes d’Henri de Navarre ; Guillaume du Bartas, écrivain et poète ; Michel de Montaigne, l'auteur des Essais et bientôt maire de Bordeaux entretien des échanges littéraires passionnés avec la reine Margot. 

montaigne

Thomas de Leu, Portrait de Michel de Montaigne, estampe, 1608 – 
© Bibliothèque National de France à Paris

 

Nérac, havre de paix

Dans cette période troublée des Guerres de religion, Marguerite de Valois réussit ainsi à faire de Nérac une cour raffinée mais aussi un havre de paix en dotant la ville d’un privilège unique, « le cercle magique ». Elle obtient ainsi de son frère le Roi, Henri III, que Nérac soit considérée comme ville neutre et qu’aucun combat n’ai lieu dans un rayon de trois lieues autour de la ville, disposition unique à l’époque.

 


  

À Nérac, marchez sur les traces de Marguerite de Valois !

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Château-Musée Henri IV
10. La Maison des Conférences
17. Le Parc de la Garenne
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 
 

L'allée des 3000 pas

Marguerite de Valois qui décrit dans ses Mémoires une période « de félicité en Gascogne », demeure la plupart du temps à Nérac. Elle va alors laisser une empreinte de son passage en modelant le Parc de la Garenne tel qu’on le connaît aujourd’hui. La reine Margot fait ainsi étendre la Garenne au delà du parcours créé par Antoine de Bourbon par une allée de 3000 pas débutant de la fontaine Saint-Jean jusqu’au bourg de Nazareth. Le parc devient alors un lieu d’agrément et de promenade où l’on trouve une volière, mais aussi des animaux en cage : un ours, un loup, des singes et même une lionne !

La reine Margot, qui dit-on aimait réellement cette promenade, l’empruntait régulièrement afin de se rendre dans une petite chapelle aménagée par Henri de Navarre en 1579. Située à proximité de la fontaine Saint-Jean, elle permettait à son épouse et aux catholiques d’assister au culte dans l’unique lieu de dévotion catholique de Nérac.

Allee des 3000 pas

Allée des 3000 pas dans le Parc de la Garenne à Nérac – © OTVA

 

Nérac, capitale des plaisirs

Henri et Margot 2

Portraits d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, vers 1572, miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis - © Bibliothèque national de France à Paris

À Nérac, Marguerite de Valois fait conjuguer préoccupations littéraires, religieuses et philosophiques avec les plaisirs amoureux. La cour de Nérac devient ainsi célèbre pour les aventures du couple royal. Henri de Navarre séduit certaines des 33 filles d’honneur de son épouse, tandis que Margot fait de même en séduisant les compagnons de son époux. Cette réputation aurait même inspirée le célèbre écrivain anglais, Shakespeare, qui utilisa comme trame historique la cour de Nérac sous Henri de Navarre et Margot pour sa comédie « Peines d’amour perdues ». 

 

L'exil en Auvergne

Malheureusement, les intrigues amoureuses et politiques provoquent la discorde dans le couple royal. Leur rupture définitive intervient en 1585 : Margot quitte Nérac pour Agen où elle rejoint le parti de la Ligue catholique. Rejetée à la fois par son mari, car considérée comme stérile et sa famille pour son attitude jugée scandaleuse, elle est contrainte de vivre en exil pendant de longues années au château d'Usson, en Auvergne. En 1589, lorsque son époux succède à son frère Henri III sur le trône de France, Marguerite de Valois devient indirectement reine de France.
Henri IV reprend alors contact avec son épouse car il a besoin de son appui pour se remarier et enfin avoir un héritier légitime. La bulle papale d’annulation du mariage est prononcée en 1599. Margot obtient du roi son retour à Paris et à la cour de France ainsi que d’importants dédommagements financiers qui lui permettent de vivre paisiblement jusqu’à sa mort en 1615.