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Statue du Jupiter de Mézin

antiquite statue de jupiter-musee daquitaine

Cette statue en calcaire datée du 3e quart du Ier siècle ap J.-C. représente le dieu romain Jupiter. Elle a été découverte en 1972 au village de Mézin et est aujourd'hui conservée au Musée d'Aquitaine de Bordeaux depuis 2001, date de son acquisition avec la participation du FRAM (Fonds Régional d’Acquisitions pour les Musées).

 

Une œuvre d’art exceptionnelle

Cette oeuvre d'art constitue la pièce maîtresse d’un ensemble archéologique trouvé in situ (sur place) dans un sanctuaire gallo-romain au village de Mézin, en 1972 ! Ce Jupiter est à la fois exceptionnel par sa taille de 1,82m à dimension réelle, imposant par ses attributs avec la lance dans la main droite et le foudre à imaginer dans sa main gauche, mais aussi remarquable par sa découverte : c’est l’une des rares statues de Jupiter retrouvée au sein d'un milieu sanctuaire.

La pose, la chevelure et la musculature sont caractéristiques de l’influence artistique grecque, bien que le visage rappelle par certains aspects celui des divinités gauloises. La présence d’une statue de Jupiter, roi des dieux, dans un domaine gallo-romain, signale le haut degré nobiliaire de son propriétaire.

Le visage de Jupiter exprime la force du dieu qui commande aux orages et la grandeur sereine de celui qui fait régner la justice sur la terre comme au ciel.
Sa chevelure épaisse et abondante ceinte d'une bandelette s'échappe en boucles ondoyantes autour de son visage. Sa barbe opulente ajoute à la vigueur d'un menton volontaire. La stature en chiasme du dieu (déhanchement provoqué par l'appui sur une jambe), et l'apparence qui lui est conférée d'un homme dans la force de l'âge imposent le respect.

Jupiter, le roi des dieux et des hommes

Jupiter, dieu romain assimilé au grec Zeus est le roi des dieux qui préside au conseil des dieux. Il est à l’origine la divinité du ciel qui provoque la pluie, lance foudre et éclairs, et maintient l’ordre et la justice dans le monde. C’est donc à ce titre qu’il a pour attributs le sceptre, qu’il tenait ici en main droite et la foudre ailée en main gauche, mais aussi l’aigle qui a été retrouvé lors des fouilles archéologiques.

Il est le maître de tous les êtres vivants et des autres dieux dont ses deux célèbres frères Neptune (Poséïdon) qui gouverne les mers et Pluton (Hadès) maître des Enfers.

Récit de la découverte

Statue du Jupiter de Mézin 1972 Statue tête dhomme sanctuaire de Jupiter Mézin

Aigle sanctuaire de Mézin

Photographies réalisées lors des fouilles d'urgence à la suite des découvertes © Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés. A gauche : vue générale de la statue du Jupiter de Mézin ; au centre : vue générale de la statue d'une tête d'homme ; à droite : vue générale de la statue d'un aigle

 

Le 10 octobre 1972, au lieu-dit Calès près de l’église de Trignan à Mézin, M. Cominotti agriculteur de métier laboure son champ lorsqu’il découvre par pur hasard un groupe de sculptures. Il alerte aussitôt les autorités et une fouille d’urgence est rapidement menée par la Direction des Antiquités.

Parmi la trentaine d’éléments sculptés recueillis lors de cette fouille, c’est bien l’imposante statue de Jupiter qui se distingue. On a retrouvé ni sceptre, ni foudre, mais les mains de la statue possèdent chacune un orifice propre à recevoir un attribut du dieu.
Une statue fragmentée d’un oiseau correspondant vraisemblablement à un aigle, l’animal associé à Jupiter, a été retrouvée dans le sanctuaire. L’aigle, qui plane en haut des cieux et fond comme la foudre sur sa proie, était l’oiseau favori de Jupiter. D’autres statues accompagnaient celles de Jupiter : des bras, des mains, un socle, des éclats divers et une très belle tête d’homme.

La fouille d’urgence a montré que ce lot de sculptures provenait d’un sanctuaire avec une cella (lieu du temple où se trouve la statue de la divinité) de plan rectangulaire de 17,70m sur 6,25m divisée en deux pièces d’inégales superficies.
Huit monnaies ont été recueillies au cours de la fouille d’urgence. Elles s’échelonnent du Ier siècle (Claude, Nérac) au IVe siècle (Constance II ?), en passant par Trajan, Hadrien et Marc-Aurèle.

Le déclin de l’Empire et les invasions barbares ont engagé une phase de déclin. Le sanctuaire de Calès est définitivement abandonné dans la seconde moitié du IVe siècle.