Les personnages célèbres https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres.html Mon, 27 Jun 2022 14:59:25 +0200 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr Vianne de Gontaut-Biron https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/vianne-de-gontaut-biron.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/vianne-de-gontaut-biron.html

Vianne de Gontaut-Biron, éponyme de la Bastide de Vianne (1225-1280)

Blason Vianne

Blason de la Bastide de Vianne composé de la croix occitane et des trois léopards d'or d'Angleterre

Vianne de Gontaut-Biron est restée dans l’histoire de l’Albret par la décision de son neveu, Jourdain de L’Isle, fondateur d’une bastide en l’an 1284 nommée Vianne, en l’honneur de cette tante qui lui avait légué ses biens. Son existence fut également marquée par une vie conjugale tourmentée lors de laquelle deux bulles pontificales procédèrent à l’annulation de ses mariages.


Fille aînée du seigneur de Montgaillard, Vital de Gontaut-Biron, Vianne reçoit en héritage à la mort de son père le Château de Montgaillard et ses dépendances dont Villelongue, Puch et Gontaud en Agenais. 

Vianne qui possède de nombreux biens patrimoniaux n’a aucun mal à trouver un époux de son rang. Elle épouse dans ce sens Amanieu VI sire d’Albret, seigneur de Nérac, qui reçoit la dot de Vianne composée de toutes ses possessions : terres, domaines et châteaux.

 

Fausse déclaration au Pape

Malgré leurs richesses considérables, Vianne et Amanieu eurent une vie conjugale difficile et souhaitèrent se séparer. À cette époque, l’acte sacré du mariage ne pouvait être rompu que par le Pape par bulle pontificale et pour des raisons valables.

Ils trouvèrent alors un empêchement susceptible de rendre leur mariage nul : ils inventèrent une fausse parenté spirituelle appelée également consanguinité spirituelle. Cette loi ecclésiastique interdit à un parrain ou une marraine de se marier avec leur filleul ou filleule sans une dispense papale. Or, Vianne fit valoir auprès du Pape Clément IV que son beau-père était également son parrain de baptême et qu’elle ne pouvait donc être l’épouse d’Amanieu, ce qui était faux…

 

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 L'église Saint-Christophe de Vianne faisait partie de l'ancien village de Villelongue sur lequel a été édifié la Bastide de Vianne. On peut apercevoir la porte d'entrée Est dit "Notre-Dame" et le jardin Vianne de Gontaut-Biron qui était autrefois le cimetière de l'église - © OTVA

Vianne et Amanieu apportèrent de fausses preuves et témoignages attestant cette parenté spirituelle et le Pape trompé par leur fourberie prononça le 22 septembre 1268 une bulle déclarant leur mariage nul.

 

Les secondes noces de Vianne

Vianne de Gontaut-Biron épousa alors Hélie de Castillon, un seigneur de Bazas, dans l’actuelle Gironde, à qui elle apporta tous ses biens récupérés auprès de son précédent époux. Ce second mariage ne fut pas plus heureux que le premier et Vianne souhaita se séparer d’Hélie pour revenir auprès d’Amanieu VI !
Vianne prouve alors auprès du Pape Grégoire X la fausseté des preuves et témoignages qui avaient occasionné sa séparation avec Amanieu VI et une nouvelle bulle papale prononce en 1271 l’annulation de ses secondes noces.

 

Lègue et repentance

Vianne retrouva une nouvelle fois sa dot qu’elle légua aussitôt non pas à un nouvel époux mais à un membre de sa famille, son neveu Jourdain de L’Isle. En 1271, ce seigneur reçoit ainsi le château de Montgaillard et ses dépendances.
Dans un esprit de repentance, Vianne probablement soucieuse d’assurer son salut s’occupa de fondations pieuses. Dès 1261, elle fonda le couvent des Dominicains de Condom et contribua à la fondation d’autres couvents destinés aux demoiselles nobles.
Vianne de Gontaut-Biron décède en 1280 dans sa demeure qu’elle avait fait construire au couvent de Condom.

 


 

 À Vianne, marchez sur les traces de Vianne de Gontaut-Biron !

 
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 6. Église Saint-Christophe de Vianne
 
 

Fondation de la Bastide de Vianne

Vianne anciennement Villeongue faisait partie à la fin du XIIIème siècle de la seigneurie de Montgaillard. Ce territoire sous domination anglaise, depuis la cession de l’Agenais par le roi de France Philippe le Hardi à l’Angleterre au Traité d’Amiens en 1279, se voit menacé par la fondation d’une bastide française en 1260 à seulement quelques kilomètres : Lavardac. Les Aquitains souhaitant protéger et fortifier leur territoire face à cette menace française vont édifier une bastide.

Pour fonder cette ville neuve, Jourdain de L’Isle seigneur de la juridiction de Montgaillard dut se mettre d’accord avec le représentant d'Edouard Ier, duc d’Aquitaine et roi d’Angleterre, un certain Jehan de Grailly sénéchal d’Agenais. Le 22 novembre 1284, le traité de fondation de la future bastide fut signé par acte de paréage. Jourdain de L’Isle et le sénéchal d’Agenais se partagèrent les droits de justice et les revenus engendrés par la bastide.

Jourdain de L’Isle par un sentiment de reconnaissance envers sa tante bienfaitrice, qui lui avait légué ses biens, nomma la nouvelle ville Vianne.

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Sat, 29 Aug 2015 08:20:41 +0200
Jacques de Romas https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/jacques-de-romas.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/jacques-de-romas.html

Jacques de Romas, l'inventeur du cerf-volant électrique (1713-1776)

portrait

Antoine Colbet, Portrait de Jacques de Romas, XIXème siècle – Hôtel de ville d’Agen, salle des Illustres – © Ville d’Agen

Passionné de physique et d’électricité, Jacques de Romas s’inscrit dans la lignée des innovateurs du XVIIIème siècle, celui des Lumières, où des hommes poussés par leur passion et curiosité font des expériences afin de découvrir les lois qui régissent le monde.


Né à Nérac en 1713, Jacques de Romas fait tout d’abord carrière dans la magistrature en tant qu’assesseur au présidial de Nérac. Physicien autodidacte, il devient surtout célèbre pour ses études et expériences sur l’électricité atmosphérique qui lui permettent de découvrir les lois de l’électricité à la même période que Benjamin Franklin. 

Les premières expériences

À une époque où l’intérêt pour l’électricité se développait à grande vitesse, le roi Louis XV s’intéressant lui-même aux différentes expériences, Jacques de Romas va faire preuve d’observation et d’inventivité.
Il étudia les effets de la foudre au Château de Tampouy en 1750 et plus tard sur les Tours du Moulin fortifié de Barbaste ce qui lui suggère le projet de détourner la foudre à l’aide d’une barre métallique. De multiples expériences réussies sont menées au Château de Vivens à Clairac et à Nérac en 1752.

 


  

À Nérac, marchez sur les traces de Jacques de Romas !

  
 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
3. Le cours Romas :
Statue de Jacques de Romas
Plaque commémorative
 
 

L’invention du cerf-volant électrique

Persuadé que la charge électrique augmente avec l’altitude, Jacques de Romas imagine un nouvel instrument capable d’attirer la foudre : un cerf-volant armé d’une pointe métallique.

La première expérience publique est menée le 7 juin 1753, près de Nérac, sur la route de Mézin. Voici le récit qu’en fait Maisani dans la Revue de l’Agenais :

 « Accompagné d’une foule nombreuse, Romas attendit que le vent fût assez intense pour lancer son cerf-volant. L’orage approchait, Romas saisit alors un excitateur, formé d’un tube de fer blanc isolé par une tige de verre et relié à la terre par une chaînette de métal. Approché du cylindre, l’excitateur en tire des étincelles. Des traits de feu spontanés de trois mètres de long éclatent. Les  explosions se succèdent et leurs craquements se firent entendre jusqu’à Nérac. L’expérience est magnifique ».

bas-relief

Bas-relief en bronze situé sur le socle de la statue de Jacques de Romas. Il montre la première expérience du cerf-volant électrique faite en public par Jacques de Romas le 7 juin 1753 sur la route de Mézin. - © OTVA

Ce ne fut pas toujours le cas. En 1759, une expérience réalisée au jardin public de Bordeaux tourna à la catastrophe. La foudre frappât une maison où avait été déposé le cerf-volant. Le public qui avait assisté à l’expérience pensa à tort que le tonnerre avait été attiré par le cerf-volant et détruisirent l’instrument. Romas fut depuis considéré comme un sorcier par les Bordelais !

 

Rivalité avec Benjamin Franklin

Jacques de Romas reconnaissait l’antériorité de la première expérience de Franklin réalisée avec son cerf-volant électrique en juillet 1752, soit près d’un avant la sienne. Cependant, convaincu qu’il possédait les droits sur l’idée de l’invention tout en assurant ne pas s’être inspiré de Franklin, ce qui semble exact étant donné l’extrême difficulté d’établir une correspondance entre l’Europe et l’Amérique au XVIIIème siècle, Romas souhaitait établir ses droits sur ce type d’expériences qu’il poussa scientifiquement plus loin que son concurrent. 

En 1764, après une enquête auprès des témoins ayant assisté aux expériences de Romas, l’Académie des Sciences de Paris trancha : « nous croyons que M. de Romas n’a emprunté à personne l’idée d’appliquer le cerf-volant aux expériences électriques et qu’on doit le regarder comme le premier auteur de cette invention, jusqu’à ce que M. de Franklin ou quelque autre fasse connaître, par des preuves suffisantes, qu’il y avait pensé avant lui ».

statue jacques de romas

Daniel-Joseph Bacqué, statue en bronze de Jacques de Romas, XXème siècle, cours Romas à Nérac – © OTVA

 

Un néracais passé à la postérité

plaque

Cette plaque commémorative rappelle la présence de la maison de Jacques de Romas située à l’angle du cours Romas et de la rue Armand Fallières – 
© OTVA

Au pays d’Albret, Jacques de Romas renouvelle ses expériences et il semble que les habitants de Nérac étaient terrifiés par les étincelles foudroyantes que produisaient celles-ci.

Grâce à ses découvertes et écrits scientifiques, Romas devient une célébrité qui attire à Nérac des curieux distingués : le chevalier d’Acosta, ancien ambassadeur du Portugal aux Pays-Bas et Milady Worthley-Montaigu, une anglaise reconnue pour ses aventures se lie d’amitié avec l’épouse de Romas.

A Nérac, de nombreux endroits rappellent le savant : le lycée professionnel et l’artère principale du centre-ville portent son nom : au cours Romas, on peut observer une statue en bronze représentant le célèbre physicien et une plaque commémorative rappelle la localisation de sa maison.

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Thu, 20 Aug 2015 15:00:12 +0200
Baron Haussmann https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/georges-eugene-haussmann.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/georges-eugene-haussmann.html

Georges-Eugène Haussmann,
un jeune sous-préfet à Nérac (1809-1891)

haussmann portrait

Henri Lehmann, Portrait du Baron Haussmann, vers 1860, huile sur toile – © Musée Carnavalet à Paris

Resté célèbre pour avoir oeuvré à la métamorphose de Paris, Georges-Eugène Haussmann connu pourtant auparavant une brillante carrière dans l'administration préfectorale. Il y découvrit la France rurale et façonna son apprentissage politique.


Né à Paris, Eugène Haussmann descend d’une famille protestante qui a embrassé la cause bonapartiste.
Il reçoit une solide formation et entre à 11 ans au collège Henri IV, l'actuel lycée Condorcet, où il est reçut brillamment au baccalauréat. Il s'inscrit alors à une école de droit et suit en parallèle des cours à la Sorbonne et au Collège de France, enseignés par des philosophes et scientifiques renommés.
A 21 ans, il participe aux événements de la Révolution de Juillet 1830 et se voit récompensé par Louis-Philippe, roi des Français, qui est le père de son camarade de lycée, le futur duc d'Orléans.

 

L'apprentissage en province : la Vienne et la Haute-Loire

Ses très bonnes relations avec le pouvoir lui permettent de trouver un poste dans l'administration royale : en 1831, il est nommé secrétaire général du préfet de la Vienne où il gère les affaires administratives.
En 1832, il devient sous-préfet de la Haute-Loire à Yssingeaux. Pour désenclaver son arrondissement et lutter contre l'analphabétisation il préconise le développement des échanges avec la création de voies de communication et le développement de l'instruction publique. Ayant hâte de faire ses preuves, il sollicite une mutation : il devient sous-préfet du Lot-et-Garonne à Nérac en 1832.

 

Sept années de loyaux services à Nérac

À son arrivée à Nérac, Georges-Eugène Haussmann est reçu avec méfiance la fois par les protestants libéraux pour une question politique et les catholiques pour des raisons religieuses. Mais par son action et ses mesures dans l'arrondissement de Nérac, Haussmann va rapidement se faire adopter.  

Sa proximité avec la communauté protestante lui permet de rencontrer le pasteur Henri de Laharpe, qui va lui présenter sa soeur, Octavie, future Madame Haussmann. Par ce mariage, Haussmann s'allie à une famille de riches négociants bordelais lui permettant d'accéder à la bonne société.

 

centre haussmann

La sous-préfecture se trouvait au temps du baron Haussmann dans ce bâtiment, aujourd'hui réhabilité comme centre administratif – Centre Haussmann, place Aristide Briand à Nérac - © OTVA

 


 

À Nérac, marchez sur les traces du Baron Haussmann ! 

  
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7. Le centre Haussmann
12. Le Pont vieux
Le Pont-Neuf
 
 
 

Haussmann commence par un tour du pays pour se rendre compte des tâches à effectuer. Il semble alors déçu par les infrastructures de son arrondissement qui ne possède pas de voies de communications modernes.

Aidé par la loi sur les chemins vicinaux de 1836 qui impose aux communes à lever des impôts pour les consacrer à l'entretien des chemins, Haussmann rapproche les villages de l'Albret les uns aux autres. Dans ce sens, il fait construire les axes routiers de Agen à Nérac ; Nérac à Lavardac et Lavardac à Casteljaloux qui nous rappellent les longues et larges avenues construites par Haussmann à Paris.

pont neuf

 Au premier plan, le Pont Neuf inauguré en 1837 par le sous-préfet Haussmann. A l'arrière plan, le Pont Vieux restauré sous son mandat – © OTVA

Il procède dans ce sens à la construction d'un pont à Nérac, le Pont-Neuf qui permet d'enjamber la Baïse pour relier Nérac à Agen.

Haussmann a également comme objectif prioritaire l'instruction des petits néracais. Aidé, cette fois-ci par la loi Guizot de 1833 sur l'enseignement primaire, il dote toutes les communes de l'arrondissement de Nérac d'une école à partir de la rentrée 1836.
Son volontarisme et son investissement lui permettent d'être récompensé de la Légion d'Honneur en 1837, mais aussi de susciter la jalousie et les plaintes du Préfet du Lot-et-Garonne, M. Brun. Cet homme n’apprécie guère les visites du célèbre écrivain George Sand et du duc d'Orléans au sous-préfet de Nérac au lieu du préfet d'Agen. Les effets de cette rancune sont immédiats et la disgrâce est prononcée : Haussmann qui a demandé une nouvelle mutation et promotion se retrouve nommé en 1839 dans une sous-préfecture de l'Ariège, à Saint-Girons jusqu'en 1841.

 

L’architecte du Paris moderne

Il se rapproche ensuite de sa belle-famille en étant nommé sous-préfet à Blaye, en Gironde, jusqu'en 1848.
De simples postes dans l'administration préfectorale, le destin de Georges-Eugène Haussmann, bonapartiste convaincu, bascule avec l'élection de Napoléon Bonaparte comme Président de la République en 1848. Il multiplie alors les fonctions à responsabilités : préfet du Var, de l'Yonne, de la Gironde et de la Seine sous le Second Empire. Napoléon III souhaite alors métamorphoser et moderniser la capitale pour faire de Paris la vitrine de l'Empire. Haussmann en sera l'architecte principal, son oeuvre restera dans la postérité sous le nom d'architecture haussmannienne.

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Thu, 20 Aug 2015 13:26:21 +0200
George Sand https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/george-sand.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/george-sand.html

George Sand, un écrivain à Pompiey
(1804-1876)

Sand

Auguste Charpentier, Portrait de George Sand, huile sur toile, 1839 – 
© Musée Carnavalet à Paris 

Amantine Aurore Lucile Dupin, de son célèbre pseudonyme d'écrivain George Sand, a effectué plusieurs séjours dans la région néracaise suite à son mariage en 1822 avec Casimir Dudevant.


Son beau-père Jean-François Dudevan possédait en effet le Château de Guillery près de Pompiey, qui va ainsi accueillir George Sand et son époux trois ans après leurs noces, en 1825.

Des séjours dans des circonstances exceptionnelles

Lors de son premier séjour, de septembre 1825 à avril 1826, ses impressions sur les alentours sauvages du Château de Guillery sont assez moroses : « un désert affreux, une lande désolée couvert d’arbres-liège, l’arbre le plus triste et le plus sombre »...
Ce cruel constat s'explique à la fois par une crise sentimentale, intellectuelle et morale suite à un séjour dans les Pyrénées qui l'avait exalté et enivré en présence de son amant Aurélien de Sèze, par les tensions avec Casimir qui accepte mal les aventures de son épouse, mais aussi par la mort de son beau-père le baron Dudevant en février 1826 qu'elle appréciait particulièrement. Ce contexte lourd et particulier lui donne l'inspiration pour son premier ouvrage, La Confession de Madame Dudevant à son mari où elle expose leurs irréconciliables différences.

Cette première impression négative s'atténue au long de son séjour et elle trouve finalement l'environnement très agréable  : « Quand vint l'hiver qui est la plus agréable saison dans cette région de sables brûlants, les forêts de pins et de chênes-liège prirent sous les lichens un aspect druidique, tandis que le sol, raffermi et rafraîchi, par les pluies, se couvrit d'une végétation printanière....Les genêts épineux fleurirent, des mousses luxuriantes, semées de violettes, s'étendirent sur les taillis, les loups hurlèrent, les lièvres bondirent ». Excellente cavalière, George Sand apprécie également ses séjours en Lot-et-Garonne pour les épisodes de chasse à courre où elle se mêle aux aristocrates de la région.

Les circonstances de ses deux derniers séjours en Lot-et-Garonne coïncident également avec des circonstances douloureuses et tristes qui permettent de mieux saisir l'image sombre que garda George Sand du pays.
Ainsi, après avoir obtenu le divorce et la garde de ses deux enfants, son ex-époux Casimir enlève leur fille Solange en septembre 1837, pour séjourner à Guillery. George Sand furieuse est contrainte à un voyage précipité à Nérac où elle rencontre le sous-préfet, un certain Eugène Haussmann « qui monta sur-le-champ dans ma voiture pour courir à Guillery, qu’il me fit rendre ma fille sans bruit et sans querelle » selon les Mémoires de George Sand. Son dernier séjour à Guillery en 1864 est encore plus pénible puisqu'elle s'y rend lors du décès de son petit-fils, Marc-Antoine...

 

Le Château de Guillery

Dans Histoire de ma vie, George Sand décrit sa résidence lot-et-garonnaise : « Guillery, le château de mon beau-père, était une maisonnette de cinq croisées de front, ressemblant assez à une guinguette des environs de Paris, et meublée comme toutes les bastides méridionales, c'est-à-dire très modestement. Néanmoins l'habitation en était agréable et assez commode ».

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 Château de Guillery à Pompiey, domicile de George Sand lors de ses séjours en Pays d'Albret – 
© Toja, Phot. Edit. - Nérac
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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Tue, 18 Aug 2015 13:33:11 +0200
François Darlan https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/francois-darlan.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/francois-darlan.html

François Darlan, l'amiral de Nérac (1881-1942)

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Portrait de l'amiral François Darlan - © D.R 

La vie de François Darlan fut partagée entre la glorieuse histoire de la Marine française et celle beaucoup plus sombre du gouvernement de Vichy.


Né à Nérac en 1881, François Darlan est issu d'une famille de marins où seul son père, Jean-Baptiste Darlan, défigure avec une brillante carrière politique. Ami de deux personnalités du Lot-et-Garonne, Armand Fallières et Georges Leygues, son père devient maire de Nérac, député du Lot-et-Garonne en 1890 et même Ministre de la Justice de 1896 à 1897. 

La carrière militaire : l'amiral Darlan

François Darlan opte quant à lui pour une carrière militaire dans la Marine. Reçu à l’école navale en 1899, il navigue entre l'Extrême-Orient, où il y passe quatre années et la France où il est respectivement nommé instructeur à l'école d'artillerie navale de Toulon puis près de Saint-Malo.

Il participe à la Grande Guerre dès 1914 dans un régiment de canonniers marins situé à la frontière du Rhin, où il s'illustre particulièrement : il est décoré de la Croix de Guerre et de la Légion d’honneur. À l’Armistice, il reçoit la récompense de ses services en prenant le commandement de la flottille qui pénétrait en Allemagne par le Rhin.

 

La carrière politique : le Ministère de la Marine

Dans l'entre-deux-guerres, sa carrière est partagée entre l'Extrême-Orient comme Chef d’État-Major de la division navale et le Ministère de la Marine à Paris. En effet, en 1925 a lieu le grand tournant de sa carrière lorsqu'il est appelé par Georges Leygues, Ministre de la Marine et ami de la famille Darlan pour devenir son chef adjoint. Ses compétences et la protection de Georges Leygues lui permettent de connaître une progression rapide dans la hiérarchie militaire : contre-amiral en 1929, vice-amiral en 1932, commandant en chef de la Marine nationale en 1937, il devient Amiral de la flotte en 1939.
Pendant cette période, Darlan oeuvra pour rendre à la Marine son rang et son prestige passé. Sous son service, la flotte française connu un essor remarquable devenant même avant la Seconde Guerre mondiale la quatrième puissance maritime mondiale.

 


 

À Nérac, marchez sur les traces de François Darlan !    

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4. La Maison Darlan 
 

 

L'Amirauté française à Nérac

Nommé Commandant en chef des forces maritimes françaises à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Darlan refuse dans un premier temps l'appel à cesser le feu de Pétain et le Ministère de la Marine qui poursuit la guerre se repli alors à Bordeaux puis à l'Hôtel des Postes de Nérac le 28 juin 1940, face à la statue d'Henri IV. 

Maison darlan

Maison Darlan où habitait la soeur de François Darlan et qui accueilli l'Amiral et sa famille lors du repli de l'Amirauté à Nérac en 1940, 59 rue Gambetta à Nérac – © OTVA

Dirigeant du régime de Vichy

Finalement, Darlan accepte l'Armistice et cumule les portefeuilles ministériels au gouvernement de Vichy : Ministre de la Marine, de l'Intérieur puis des Affaires Étrangères.
En 1941, il est nommé chef du Gouvernement de Vichy et participe à la politique de collaboration avec l'Allemagne Nazie en restant aveugle face aux mesures liberticides et antisémites. En 1942, suite à l'échec de sa politique extérieure et à son impopularité, il est remplacé par Pierre Laval à la tête du gouvernement mais devient Commandant en chef des forces françaises et semble tenter par un retournement de situation en faveur des Alliés.

En 1942, il se rend à Alger au chevet de son fils. Il assiste alors au débarquement américain. Il s'y oppose par les armes mais après deux jours de combat, il demande à toutes les troupes françaises de se rallier aux forces Alliées.
Le 24 décembre 1942, l'Amiral Darlan est assassiné par un jeune résistant. Son commanditaire n'a jamais été officiellement reconnu...

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Tue, 18 Aug 2015 12:32:38 +0200
M.T Chrétin https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/maximilien-theodore-chretin.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/maximilien-theodore-chretin.html

Maximilien-Théodore Chrétin,
l'artiste-faussaire de la Garenne (1797-1865)

En 1832, la découverte d'une canalisation dans le Parc de la Garenne dévoila d’importantes fondations liées à la présence d'une villa gallo-romaine (IIIème - Vème siècles après J-C) ainsi que de nombreuses mosaïques. Les découvertes suspectes de Maximilien-Théodore Chrétin vont faire de Nérac le centre d'attention de l'archéologie française.


La première partie, sur près de 200m, se trouvait en bords de Baïse à l’entrée de la Garenne jusqu’à la fontaine Saint-Jean et prenait la forme de pièces pavées de mosaïques.
La seconde partie, également composée de mosaïques, était située sur l'actuelle route de Nazareth au-dessus de la Garenne. La villa, appartenant probablement à un riche notable, comprenait sans doute des thermes et un temple domestique.

 

La fable d'un palais impérial

Les fouilles archéologiques subventionnées par l'État attirent des archéologues et artistes dont un certain Maximilien-Théodore Chrétin établi à Nérac depuis 1825. Alors qu'il possède un atelier de peinture à Nérac, l'administration municipale va nommer Chrétin responsable du chantier de fouilles en 1833, lui l'artiste-peintre et sculpteur...

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Faux bas-relief et inscriptions de Chrétin. De gauche à droite : Claude le Gothique, les deux Tétricus, Néra - 
© Musée archéologique Saint-Raymond à Toulouse 

Chrétin fit alors des découvertes remarquables qui émerveillèrent la communauté scientifique : il mit à jour une douzaine d'inscriptions et médaillons qui traitaient de l'Empereur romain Tétricus et de son épouse, créée de toute pièce par Chrétin, une certaine Néra...en référence à Nérac ! Chrétin reçut une médaille pour ses fausses découvertes et même Prosper Mérimée, pourtant Inspecteur général des Monuments Historiques, fut berné. 

 


  

À Nérac, marchez sur les traces de

Maximilien-Théodore Chrétin !

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Château-Musée Henri IV :
Exposition archéologique
2. L'Hôtel de Ville :
Mosaïques gallo-romaines
17. Parc de la Garenne :
Mosaïque gallo-romaine
 
 

 

Le procès Chrétin

En 1834, des savants commencèrent à émettre des doutes, les découvertes n'ayant aucun équivalent dans l'univers gallo-romain. Chrétin commit alors une erreur en vendant des médaillons à la Ville de Toulouse et à la Société archéologique du Midi de la France. La ville de Nérac flouée par ces ventes, pensant possédée de véritables vestiges gallo-romains, traduit Chrétin devant les tribunaux en 1835.
Maximilien-Théodore Chrétin avoua la supercherie, admettant que les bas-reliefs et médaillons n'étaient que des imitations issus de son imagination. Il dévoila alors le sens d'une inscription composée de six lettres qui attestait sa création et dont bon nombre d'archéologues et historiens avaient cherché la signification en vain : MTCNDP... qui signifiait Maximilien-Théodore Chrétin, natif de Paris !

L'artiste faussaire bénéficia d'un non lieu et la ville de Nérac, ridiculisée par cette affaire fut condamnée. Les fondations furent recouvertes et aujourd'hui il ne subsiste à l'entrée du Parc de la Garenne qu'une petite mosaïque, nous rappelant la présence de cette immense villa gallo-romaine, ainsi que d'autres mosaïques et artefacts au Château-Musée Henri IV et à l'Hôtel de Ville. 

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Mosaïque à décor floral de la villa gallo-romaine, Vème siècle ap J-C, Parc de la Garenne à Nérac – 
© OTVA
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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Tue, 18 Aug 2015 09:02:29 +0200
Armand Fallières https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/armand-fallieres.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/armand-fallieres.html

Armand Fallières, de Mézin à l’Élysée
(1841-1932)

Armand Fallieres

Eugène Pirou, Portrait officiel d’Armand Fallières, 1906 -
© Présidence de la République

Armand Fallières, l'enfant du pays, connu une carrière politique illustre qui l'amena jusqu'à la tête de la République Française au début du XXème siècle. Malgré les mondanités politiciennes, il resta attaché toute sa vie à ses terres natales de Gascogne.


Né en 1841 à Mézin dans une maison aujourd’hui détruite qui s’appuyait contre l’église Saint-Jean-Baptiste, Armand Fallières est issu d’un milieu modeste ce qui ne l’empêcha pas d’avoir un parcours scolaire brillant. Il fréquente l’école et le collège de Mézin jusqu’à 13 ans et poursuit ses études dans un lycée d’Angoulême. Il part ensuite étudier le droit à Paris et obtient son diplôme d’avocat à Toulouse en 1866.

Des élections locales...

Il exerce sa profession à Nérac en 1867, mais il est rapidement attiré par la politique et le milieu républicain ce qui l’amène à exercer des responsabilités locales : conseiller municipal en 1868, la chute du Second Empire en 1871 lui permet même de remporter la mairie de Nérac sous l’étiquette républicaine. Il installe la Mairie dans l’actuel Hôtel de Ville et montre la voie à Jules Ferry et ses lois sur l’école primaire de 1881-1882 en faisant voter le rétablissement de l’école primaire supérieure et en y admettant la gratuité des cours. 

maison fallières

La Maison Fallières, 65 rue Gambetta à Nérac -
© OTVA

En 1874, il devient Président du Conseil général du Lot-et-Garonne. Il lance alors les démarches pour développer le réseau ferré départemental en étendant la ligne Nérac-Mézin jusqu’à Mont-de-Marsan permettant d’ouvrir l’Albret sur les Landes.

 


 

À Nérac, marchez sur les traces d'Armand Fallières !  

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2  
2. L'Hôtel de Ville
5. La Maison Fallières
 
 

..à la présidence de la République

Il commence à exercer des responsabilités nationales en étant nommé député en 1876, puis en étant à la tête de nombreux ministères entre 1880 et 1890 : il est ainsi successivement Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intérieur, de la Justice et de l’Instruction Publique où il réforme l’enseignement secondaire avec une plus grande place accordée aux sciences et aux langues étrangères.
De sénateur en 1890, il devient Président du Sénat en 1899, la fonction suprême n’est plus très loin…chose faite en 1906 où il devient Président de la République. Armand Fallières se rend alors à Mézin, sa ville natale, où une grande fête est donnée en son honneur, un arc de triomphe entièrement construit en liège est même érigé.

 

Un Président caricaturé

Les Présidents de la IIIème République étant cantonnés institutionnellement à des fonctions représentatives, laissant le pouvoir au Président du Conseil (l’actuel Premier Ministre) et au Parlement, Armand Fallières se montre peu impliqué dans l’action des ministres ce qui lui vaut d’être la cible de nombreuses caricatures et quolibets. 

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 Caricature montrant le Président entrant Armand Fallières et ses pruneaux d’Agen succéder au Président sortant Emile Loubet et ses Nougats de Montélimar - © CG47

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Caricature représentant Armand Fallières et Henri IV, deux figures de la Gascogne – 
© CG47 

Ses caractères physiques et son origine gasconne sont alors une source d’inspiration pour ces artistes qui décrivent un président faible, sans énergie, ni envergure et lui donne le surnom de « soliveau ».

Les mesures du Président Fallières

Malgré tout, le septennat d’Armand Fallières se révèle assez riche. Celui-ci est marqué notamment par la recherche d’alliés dans le cadre des tensions géopolitiques qui précédent la Première Guerre mondiale. A cet effet, Fallières travaille au renforcement de la Triple Entente en rencontrant Edouard VII d’Angleterre et le Tsar Nicolas II lors de voyages diplomatiques.

Sous sa présidence, Fallières prend des mesures historiques : il met fin à l’Affaire Dreyfus en 1906, fait entrer les cendres d’Emile Zola au Panthéon en 1908, se montre opposé à la peine de mort en graciant les condamnés, instaure l’isoloir en 1912 pour organiser des votes secrets. La Gascogne lui est également reconnaissante d’avoir à la fois appliqué un décret en 1909 définissant la zone et les trois régions de l’Armagnac (Bas-Armagnac, Haut-Armagnac, Ténarèze) et d'avoir introduit cette eau de vie, la plus vieille de France, à l’Elysée.

 

Le retour en Gascogne

À la fin de son septennat en 1913, Armand Fallières se retire dans son domaine de Loupillon, une propriété viticole familiale proche de Mézin, dont il vantait les vignes et fruits à l’Elysée. Il y finira ses jours jusqu’en 1932.
En 1938, Mézin honore la mémoire de sa personnalité la plus illustre en inaugurant une statue de bronze représentant l’ancien Président de la République. Ce monument attira les foudres du gouvernement de Vichy qui le fit détruire en 1942. Il a depuis été remplacé par un buste en 1957.

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Le Château du Loupillon fut la propriété d’Armand Fallières qui s’y rendait même l’été durant sa présidence – © Dubau Michel, Inventaire général, ADAGP

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Pierre-Ernest Bouret, Buste d’Armand Fallières, 1957 – © Chabot Bernard, Inventaire général, ADAGP
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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Mon, 17 Aug 2015 12:57:29 +0200
La reine Margot https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/marguerite-de-valois.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/marguerite-de-valois.html

Marguerite de Valois, la reine Margot
(1553-1615)

Marguerite de Valois

François Clouet, Portrait de Marguerite de Valois, 1572 - © Musée Crozatier du Puy-en-Velay

La vie de Marguerite de Valois, soeur des trois derniers rois de France Valois, François II, Charles IX et Henri III, est devenue au XIXème siècle un mythe grâce au roman d'Alexandre Dumas La Reine Margot.


Femme raffinée, cultivée et d’une éclatante beauté selon Brantôme, l’un de ses nombreux admirateurs, elle épouse avec de nombreuses réticences Henri de Navarre en 1572. Leur mariage célébré sur le parvis de l’église Notre-Dame de Paris sera suivi six jours plus tard par le massacre de la Saint-Barthélemy, ce qui valut à leur union le surnom de « noces vermeilles »…

La cour de Margot à Nérac

Le premier séjour de Marguerite de Valois à Nérac eu lieu du 28 juillet au 1er août 1565 dans le cadre du Grand tour de France de Charles IX entre 1564 et 1566.

Après son mariage avec Henri de Navarre, son époux venu s’installer à Nérac exige le retour de sa femme qu’il reçoit le 15 décembre 1578. Jusqu’en 1585, ils forment une véritable cour royale qui selon les Mémoires de Margot « était si belle et si plaisante que nous n’envions point celle de France ».

Dans la lignée de Marguerite d'Angoulême, Margot fait de Nérac une véritable académie littéraire. Elle accueille des lettrés et savants tels que Guy du Faur de Pibrac, magistrat et poète qui l’accompagnait dès son arrivée en 1578 ; l’historien et poète protestant Agrippa d’Aubigné, compagnon d’armes d’Henri de Navarre ; Guillaume du Bartas, écrivain et poète ; Michel de Montaigne, l'auteur des Essais et bientôt maire de Bordeaux entretien des échanges littéraires passionnés avec la reine Margot. 

montaigne

Thomas de Leu, Portrait de Michel de Montaigne, estampe, 1608 – 
© Bibliothèque National de France à Paris

 

Nérac, havre de paix

Dans cette période troublée des Guerres de religion, Marguerite de Valois réussit ainsi à faire de Nérac une cour raffinée mais aussi un havre de paix en dotant la ville d’un privilège unique, « le cercle magique ». Elle obtient ainsi de son frère le Roi, Henri III, que Nérac soit considérée comme ville neutre et qu’aucun combat n’ai lieu dans un rayon de trois lieues autour de la ville, disposition unique à l’époque.

 


  

À Nérac, marchez sur les traces de Marguerite de Valois !

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Château-Musée Henri IV
10. La Maison des Conférences
17. Le Parc de la Garenne
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 
 

L'allée des 3000 pas

Marguerite de Valois qui décrit dans ses Mémoires une période « de félicité en Gascogne », demeure la plupart du temps à Nérac. Elle va alors laisser une empreinte de son passage en modelant le Parc de la Garenne tel qu’on le connaît aujourd’hui. La reine Margot fait ainsi étendre la Garenne au delà du parcours créé par Antoine de Bourbon par une allée de 3000 pas débutant de la fontaine Saint-Jean jusqu’au bourg de Nazareth. Le parc devient alors un lieu d’agrément et de promenade où l’on trouve une volière, mais aussi des animaux en cage : un ours, un loup, des singes et même une lionne !

La reine Margot, qui dit-on aimait réellement cette promenade, l’empruntait régulièrement afin de se rendre dans une petite chapelle aménagée par Henri de Navarre en 1579. Située à proximité de la fontaine Saint-Jean, elle permettait à son épouse et aux catholiques d’assister au culte dans l’unique lieu de dévotion catholique de Nérac.

Allee des 3000 pas

Allée des 3000 pas dans le Parc de la Garenne à Nérac – © OTVA

 

Nérac, capitale des plaisirs

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Portraits d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, vers 1572, miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis - © Bibliothèque national de France à Paris

À Nérac, Marguerite de Valois fait conjuguer préoccupations littéraires, religieuses et philosophiques avec les plaisirs amoureux. La cour de Nérac devient ainsi célèbre pour les aventures du couple royal. Henri de Navarre séduit certaines des 33 filles d’honneur de son épouse, tandis que Margot fait de même en séduisant les compagnons de son époux. Cette réputation aurait même inspirée le célèbre écrivain anglais, Shakespeare, qui utilisa comme trame historique la cour de Nérac sous Henri de Navarre et Margot pour sa comédie « Peines d’amour perdues ». 

 

L'exil en Auvergne

Malheureusement, les intrigues amoureuses et politiques provoquent la discorde dans le couple royal. Leur rupture définitive intervient en 1585 : Margot quitte Nérac pour Agen où elle rejoint le parti de la Ligue catholique. Rejetée à la fois par son mari, car considérée comme stérile et sa famille pour son attitude jugée scandaleuse, elle est contrainte de vivre en exil pendant de longues années au château d'Usson, en Auvergne. En 1589, lorsque son époux succède à son frère Henri III sur le trône de France, Marguerite de Valois devient indirectement reine de France.
Henri IV reprend alors contact avec son épouse car il a besoin de son appui pour se remarier et enfin avoir un héritier légitime. La bulle papale d’annulation du mariage est prononcée en 1599. Margot obtient du roi son retour à Paris et à la cour de France ainsi que d’importants dédommagements financiers qui lui permettent de vivre paisiblement jusqu’à sa mort en 1615.

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Mon, 17 Aug 2015 09:45:59 +0200
Jeanne d'Albret https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/jeanne-albret.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/jeanne-albret.html

Jeanne d'Albret, une souveraine protestante
(1528-1572)

Jeanne Albret

François Clouet, Portrait de Jeanne d’Albret, 1570  – © Musée Condé à Chantilly 

Le caractère intraitable de Jeanne d’Albret fit écrire à l'écrivain Agrippa d’Aubigné « qu’elle n’eut de femme que le sexe ». Succédant à sa mère Marguerite d’Angoulême, esprit remarquable et femme de lettres, Jeanne est plutôt une femme énergique et d’action.


 

Une femme de caractère

Ainsi, en 1541 à l’âge de douze ans, elle se voit imposer par son oncle le roi de France, François Ier, un mariage avec Guillaume, duc de Clèves, qui est deux fois plus âgé. Jeanne n’en démord pas et ses noces seront une véritable pièce de théâtre : elle fait dicter devant des témoins un texte qui annonce son non-consentement et où elle montre que ce mariage est contre sa volonté.

Le jour des noces, elle aurait même volontairement alourdit sa robe afin de ne pas avancer jusqu’à l’autel. François Ier, prit de court, intervient et demande au connétable de France, Anne de Montmorency de la saisir et de la porter, un service honteux pour l’un des plus puissants seigneurs du Royaume.
Finalement, le mariage sera annulé quatre années plus tard pour des raisons politiques : Guillaume de Clèves battu par les troupes impériales à Düren implore la grâce de l’Empereur mettant de facto fin à son alliance avec François Ier. Il n’a alors plus aucun droit sur son épouse la nièce du roi. De plus, Jeanne n’a jamais consommé son mariage.

Ses secondes noces en 1548 avec Antoine de Bourbon, premier prince de sang, seront plus heureuses, du moins lors de leurs premières années…
Leur vie conjugale sera marquée par de longues séparations, Jeanne d’Albret séjourne régulièrement sur ses terres en Albret ou dans le Béarn alors qu’Antoine de Bourbon tient son rang dans l’entourage royal. Ils resteront, malgré tout, dans la postérité pour avoir donné naissance à un fils qui allait bouleverser l’Histoire de France : le futur Henri IV.

 

« Notre Dame du Bout du Pont »

Pour cette naissance, Henri d’Albret impose à sa fille d’accoucher à Pau. En effet, il lui présente deux conditions indispensables pour lui succéder sur le trône de Navarre : il doit pouvoir assister à son accouchement et sa fille doit chanter une prière béarnaise « Notre Dame du Bout du Pont » lors de l’accouchement afin de ne pas faire « une fille pleureuse ou un garçon rechigné » !

Antoine de Bourbon

François Clouet, Portrait d'Antoine de Bourbon, huile sur panneau, 1557 – 
© Château de Pau 

Jeanne d’Albret remplit les conditions et son père lui accrocha alors au cou une clef en pendentif donnant accès à son testament.

 


  

 À Nérac, marchez sur les traces de Jeanne d'Albret !

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Le Château-Musée Henri IV
17. Le Parc de la Garenne
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 
 

Nérac, capitale protestante

À Nérac, Jeanne va prendre la décision la plus importante de sa vie lorsqu’elle décide de se convertir au calvinisme en 1560. Elle fait alors de Nérac une capitale religieuse, l’une des capitales de la France protestante. Les raisons de cette conversion sont multiples :

  • Jeanne a baigné dans une atmosphère de tolérance religieuse auprès de sa mère Marguerite d’Angoulême, ce qui a pu favoriser sa conversion ;

  • Depuis le décès de sa mère en 1549, les protestants voient en elle la chef de fil de leur parti et influent sur sa décision comme Théodore de Bèze, disciple éminent de Calvin ;

Théodore de Bèze

Anonyme, Portrait de Théodore de Bèze, 1577, huile sur bois – © Bibliothèque publique et universitaire de Genève
  • Jeanne n’admet pas le pouvoir grandissant des ducs de Guise, les ultra-catholiques, sur l’autorité royale et sa conversion peut lui permettre de s’opposer à eux et à Catherine de Médicis.

 

La chef des huguenots

catherine médicis

François Clouet, Portrait de Catherine de Médicis, huile sur bois, vers 1570 - 
© Musée Carnavalet à Paris

Devenue une figure majeure du protestantisme, Jeanne d’Albret sut utiliser dans un premier temps la tolérance, puis par la suite son intransigeance religieuse mais sans verser une goutte de sang au nom de sa foi.

Ainsi, le 19 juillet 1561, Jeanne promulgue à Nérac ses premières ordonnances ecclésiastiques, très modérées : elle ménage les deux parties, les deux cultes étaient libres et célébrées alternativement dans la même église. Pourtant lors du Grand Tour de France de Charles IX, le roi de France et sa mère Catherine de Médicis rivale catholique de Jeanne d'Albret, séjournent à Nérac du 28 juillet 1565 au 1er août 1565. Ils passent ici pour tailler dans le vif l’un des plus importants foyers du protestantisme et tenter de fléchir la rugueuse Jeanne d’Albret...

 

En effet, depuis 1561, Jeanne d'Albret a ordonné la fermeture des couvents et églises d’Albret. Certains lieux de cultes auraient même été démantelés, les pierres de construction servant alors à l’aménagement de l’aile sud du Château de Nérac. Pour Jeanne d'Albret, ces quatre journées furent amères, ne disposant pas dans ce fief français de l'indépendance souveraine qu'elle avait en Béarn, elle dût obéir à Charles IX et accepter un retour en force du catholicisme. En 1566, Jeanne d’Albret va encore plus loin en promulguant le calvinisme comme religion d’État dans tout le Béarn et ainsi la fin de l’exercice du culte catholique.

Cependant, afin d’apaiser les tensions religieuses entre catholiques et protestants, Jeanne d’Albret et Catherine de Médicis vont unir leurs enfants respectifs par les liens du mariage. Cette union, celle d’Henri de Navarre et de Marguerite de Valois la reine Margot, sera surnommée « les noces vermeilles »…
En effet, Jeanne d’Albret qui décède peu avant les noces de son fils échappera au massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572, qui a lieu seulement six jours après le mariage d’Henri et de Margot.

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Mon, 17 Aug 2015 07:58:08 +0200
Marguerite d'Angoulême https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/marguerite-angouleme.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/marguerite-angouleme.html

Marguerite d'Angoulême, soeur de roi France et reine de Navarre (1492-1549)

Marguerite dAngoulême by Jean Clouet

Jean Clouet, Portrait de Marguerite d’Angoulême, vers 1530 – © Walker Art Gallery, Liverpool

Marguerite d’Angoulême considérée comme l’une des grandes figures de la Renaissance française a marqué son temps par sa spiritualité, son humanisme et son oeuvre littéraire.


Profitant de son statut de soeur d’un héritier au trône, le futur François Ier, elle reçoit une excellente éducation qui fait d’elle une femme très cultivée : les langues, la philosophie, la poésie, la littérature et la religion lui sont enseignées par les meilleurs précepteurs du Royaume.

Marguerite d'Angoulême a ainsi de très nombreux prétendants et épouse en ce sens le duc d’Alençon en 1509. Le dépaysement est total, elle quitte les Châteaux de la Loire qu’elle côtoyait depuis son enfance pour rejoindre son époux au château fort d’Alençon.

 

Un engagement politique et religieux

En 1515, sa vie va être bouleversée grâce à l’accession de son frère François au trône de France. Marguerite d’Angoulême retrouve le devant de la scène en participant aux fêtes et cérémonies, notamment celle du Camp du drap d’or entre François Ier et Henri VIII d’Angleterre en 1520.

Elle va alors jouer un rôle politique de première importance, notamment en se portant au secours de son frère le roi, emprisonné suite à la défaite de Pavie en 1525. Elle obtient de Charles Quint sa libération mais sous des conditions drastiques.
François Ier sera reconnaissant et se montrera assez clément à la fois envers sa soeur, attirée vers les idées nouvelles du protestantisme depuis sa rencontre avec Jacques Lefèvre d’Etaples, un théologien et humaniste qui l’influence et l’attire vers les idées de la Réforme, mais aussi envers les esprits réformés qu’elle protège. L’Affaire des Placards en 1534, une vaste campagne de propagande anticatholique, inclinera le roi à opter pour une politique active de répression envers les réformés.

Fontaine Marguerites

Fontaine des Marguerites, 1903, Parc de la Garenne à Nérac  – 
© OTVA

 


  

À Nérac, marchez sur les traces de Marguerite d'Angoulême !

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2  
1. Château-Musée Henri IV
17. Le Parc de la Garenne :
La fontaine des Marguerites
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 

 

Nérac, capitale spirituelle

La « Marguerite des Marguerites » vécu à Nérac dès ses secondes noces avec Henri d’Albret en 1527 mais surtout lors des dernières années de sa vie après 1542. Elle accueille à Nérac une cour brillante et spirituelle comprenant des lettrés réformés, hérétiques qu’elle protège de la Sorbonne et du Parlement, les autorités qui réglementent les questions religieuses :

  • Jacques Lefèvre d’Etaples y vieillit à partir de 1530 après sa traduction de la Bible en français considérée comme hérétique ;

  • Clément Marot, poète officiel de la cour de François Ier y est en fuite en 1535 après l’Affaire des Placards pour être considéré à tort comme l’un des principaux suspects ;

Marot

Giovanni Battista Moroni, Portrait de Clément Marot, XVIème siècle – 
© Bibliothèque de la Société d’histoire du Protestantisme français à Paris 
  • Jean Calvin, le célèbre réformateur suisse y trouve refuge en 1534 après un discours polémique à la Sorbonne ;

  • L’évêque Gérard Roussel y célèbre des messes jugées hérétiques.

Tout en restant fidèle au catholicisme, Marguerite en accueillant des réformées et hérétiques contestataires fait de Nérac un haut lieu du protestantisme.

 

Nérac, capitale littéraire

Dans l’ensemble Marguerite a une vie paisible et joyeuse dans ses terres où elle s’adonne à son activité favorite : la lecture et l’écriture. Elle a fait venir à Nérac une partie de sa bibliothèque dont Boccace et son Décaméron qui vont l’inspirer pour écrire dès 1542 le chef-d’oeuvre de sa vie, L’Heptaméron.

Heptaméron

 Illustration de la quinzième nouvelle de L’Heptaméron : une jeune femme jure fidélité à son époux – © www.heptameron.info

Dans ce recueil de 72 contes et nouvelles entamé à Nérac, Marguerite d’Angoulême met en scène dix gens biens nés qui racontent chacun dix nouvelles et les jugent ensuite au nom de leur morale. L’histoire de ce récit commence par un orage, suivit de pluies torrentielles, les terres sont inondées, des ponts emportés. Nos dix personnages vont alors trouver refuge dans une abbaye, où ils vont recevoir gîte et couvert, mais resteront bloqués par les eaux.

Pour meubler l’ennui d’un séjour forcé ils vont discuter de l’amour. Ils exercent notamment leurs cibles sur des personnes superstitieuses et luxurieuses auxquels Marguerite a une véritable aversion… 

Marguerite d’Angoulême finit sa vie dans ses terres d’adoption du sud-ouest où elle décède en 1549 au château d’Odos en Bigorre, laissant son Heptaméron inachevé.

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pierre.longo@albret-tourisme.com (Pierre) Personnages Fri, 14 Aug 2015 13:01:20 +0200
Henri IV https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/henri-iv.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/henri-iv.html

Henri IV, le roi gascon (1553-1610)

Portrait Henri IV
 Frans Pourbus le Jeune, Portrait d’Henri IV, 1610 -
© Musée du Louvre à Paris

Le panache blanc, la  poule au pot, le Vert-galant, l’Édit de Nantes, les images d'Epinal ne manquent pas pour décrire la silhouette populaire d'Henri IV.


Fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, Henri de Navarre est né en 1553 au château de Pau.
Il y reçoit le baptême béarnais des mains de son grand-père maternel, Henri d’Albret, le jour même de sa naissance. Cette tradition prophylactique consiste à frotter les lèvres du nouveau-né avec une gousse d’ail et à humer quelques gouttes de vin local, le Jurançon.
Élevé notamment au château de Coarraze, où il reçoit selon la tradition une éducation rugueuse à la béarnaise, il côtoie très rapidement le raffinement de la cour royale à Paris où il rencontre le roi Henri II et ses cousins les futurs François II, Charles IX et Henri III.

Le 18 août 1572, lorsqu’il épouse Marguerite de Valois à l’église Notre-Dame de Paris, Henri de Navarre a déjà changé trois fois de religion, il en changera autant de fois après ses noces, essentiellement pour satisfaire ses ambitions politiques.

 

Pourquoi Nérac?

Henri de Navarre effectue quelques courts séjours à Nérac, la ville de ses ancêtres maternelles les Albret, durant son enfance mais c’est surtout lors de son retour en 1577 après ses quatre années de résidence forcée au Louvre suite au massacre de la Saint-Barthélemy qu’il va faire de Nérac la capitale de son gouvernement. De 1577 à 1585, Nérac est ainsi la résidence principale du roi de Navarre, il y séjournera au total près de 900 nuits entre 1577 et 1587. 

 

Le Château-Musée Henri IV de Nérac a accueilli au XVIème siècle les cours de Marguerite d’Angoulême et d'Henri d'Albret; Jeanne d’Albret et Antoine de Bourbon; d’Henri de Navarre et Marguerite de Valois – 
© OTVA

Chateau de Nerac

Henri de Navarre s'installe à Nérac pour diverses raisons :

  • L'affection qu'il porte pour cette ville et son château est certaine. Il a déjà séjourné de nombreuses fois à Nérac. Il signera ainsi ses correspondances avec les souverains européens, tels qu’Elizabeth Ière, reine d’Angleterre : « A Nérac », même lorsqu’il ne réside pas dans la ville. Il se fait même appeler « le meunier de Barbaste » en référence au Moulin des Tours de Barbaste où il passait pour se rendre à sa réserve de chasse de Durance ; 

Moulin des tours

 Moulin des Tours de Barbaste et son pont roman, rue du moulin à Nérac – © OTVA
  • Henri de Navarre se sent en sécurité à Nérac car la ville est alors entouré de longs remparts ce qui peut s’avérer très utile dans une période où la guerre se résume essentiellement à des sièges de villes ;

  • Une raison géopolitique fait de Nérac une cité située entre trois villes du sud-ouest auxquelles Henri de Navarre exerce des responsabilités politiques et religieuses majeures : à Bordeaux, il est gouverneur de Guyenne et y représente l’autorité royale ; à Pau il est roi de Navarre ; à Montauban il mène le parti protestant. La position privilégiée de Nérac lui permet donc de se rendre rapidement dans l’une de ces trois villes ;

  • Enfin, Nérac symbolise la tolérance religieuse qui permet à son épouse et ses compagnons d’armes catholiques d’exercer leurs cultes. A cet usage, Henri de Navarre fait bâtir une petite chapelle dans le Parc de la Garenne et intègre dans son conseil gouvernemental aussi bien des protestants que des catholiques. Henri de Navarre installe donc sa cour à Nérac et non pas à Pau, car la capitale du Béarn symbolise au contraire l’intolérance religieuse suite aux ordonnances ecclésiastiques de Jeanne d’Albret qui bannit le catholicisme dans tout le Béarn.

 


 

À Nérac, marchez sur les traces d'Henri IV !     

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Le Château-Musée Henri IV
6. La statue Henri IV
10. La Maison des Conférences
17. Le Parc de la Garenne
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 
 

Les Conférences de Nérac

Marguerite de Valois, accompagnée de sa mère Catherine de Médicis, retrouve son époux, le 15 décembre 1578 à Nérac. La présence de la Reine de France est l’occasion idéale pour établir une ère de paix entre catholiques et protestants. En février 1579, le traité est signé. Celui-ci prendra le nom de « Conférences de Nérac » et s’annonce comme un prélude au célèbre Édit de Nantes signé en 1598.

Henri de Navarre qui a négocié directement avec la reine de France et en a tiré des clauses avantageuses, quatorze nouvelles places de sûreté, s'affirme alors comme le véritable chef du parti protestant.

Maison des conferences Nerac

Double façade de la Maison des Conférences, rue des Conférences à Nérac – © OTVA

Pourtant, Catherine de Médicis était venue accompagnée de l’Escadron volant, un bataillon de 300 femmes, selon Brantôme, parmi les plus belles du royaume chargé d’obtenir des avantages diplomatiques auprès des protestants... A Nérac, l'hôtel particulier où a été négociée une partie du traité, située entre l’ancien Hôtel de ville rue de l’École et l’église Saint-Nicolas, a été nommée Maison des Conférences.

 

 

Les ormeaux de la réconciliation

Pour marquer leurs retrouvailles et sceller une réconciliation entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois, une petite fête costumée eu lieu juste avant la tenue des Conférences, devant la fontaine Saint-Jean, où l’on planta les « ormeaux de la réconciliation » appelés également « les jumeaux de la Garenne ». Ayant survécu pendant plusieurs siècles, ces arbres ont été abattus en 1971 à cause de la graphiose, la maladie des ormeaux...

ormeaux

Les deux ormeaux, plantés l’un par Henri de Navarre et l’autre par Marguerite de Valois – © Tapie. Phot., édit., Auch

Les débuts du Vert-galant

À Nérac, débute la légende du Vert-galant d'Henri IV, expression désignant les hommes entreprenants auprès des dames et qui lui verra s'être attribué le record royal de 73 maîtresses officielles. L'un de ces récits met en scène Fleurette de Nérac, âgée de 16 ans, fille du jardinier d'Henri de Navarre et qui va le rencontrer en 1572 lorsque celui-ci a 19 ans.
Malheureusement, leur histoire sera courte puisque la même année Henri de Navarre doit aller se marier à Paris avec la reine Margot. Lui promettant alors un dernier rendez-vous galant dans les jardins de Nérac, Fleurette va patienter et attendre Henri qui finalement retenu par les festivités de son départ au château de Nérac ne viendra jamais revoir Fleurette.

statue fleurette

Statue en marbre de Daniel Campagnac, Fleurette de Nérac, 1896, Parc de la Garenne à Nérac - 
© OTVA

De dépit et de chagrin, Fleurette aurait mis fin à ses jours en se jetant dans la rivière Baïse. Dans le Parc de la Garenne, une petite grotte située à proximité de la fontaine Saint-Jean abrite une statue en marbre du XIXème siècle représentant Fleurette de Nérac noyée…

Chose assez surprenante, un chroniqueur néracais du XVIème siècle relate vingt ans plus tard « la mort de Fleurette, Jardinière du Roy » dans son ouvrage sur les morts et naissances des familles ayant une certaine notoriété. Il semble bien que Fleurette ne se soit jamais noyée mais qu’elle fut tout de même aimée par Henri de Navarre…

Nérac fut pour le couple royal un séjour béni au coeur des périodes troublées des Guerres de religion : les jeux, danses, chasses et intrigues amoureuses remplacent pendant un temps les intrigues politiques.
Mais rapidement les fameuses aventures d’Henri de Navarre et Marguerite de Valois ajoutées aux retours des conspirations provoquent la discorde dans le couple. Margot qui n’a toujours pas donné d’enfant à son époux s’installe alors à Agen en 1585 où elle rejoint le parti de la Ligue. La rupture est définitive.

 

Les marches du trône

Suite à la mort d’Henri III en 1589, Henri de Navarre devient son héritier légitime grâce à sa lignée paternelle qui possède un lointain aïeul commun avec les Valois : Saint-Louis. Les Bourbons succèdent aux Valois et Henri de Navarre devient Henri IV, premier roi de France et de Navarre.

Henri IV, le protestant se lance alors à la reconquête d’un Royaume à grande majorité catholique qui ne le reconnaîtra comme son roi légitime qu’en 1593 après son abjuration du protestantisme et son sacre à Saint-Denis en 1594. 

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Nicolas-Bernard Raggi, Statue en bronze d'Henri IV, 1819-1829, Place du Général Leclerc à Nérac - 
© Michel Dubau, Inventaire général, ADAGP
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jeremie.hache@albret-tourisme.com (Jérémie) Personnages Wed, 12 Aug 2015 15:20:42 +0200
Henri d'Albret https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/henri-d-albret.html https://albret-tourisme.com/decouvrir/les-personnages-celebres/henri-d-albret.html

Henri d'Albret, bienfaiteur du domaine royal de Nérac (1503-1555)

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Anonyme, Portrait d’Henri d'Albret, école française, milieu du XVIème siècle, huile sur bois – © Musée Condé à Chantilly 

Souverain du petit royaume de Basse-Navarre, Henri d'Albret par son mariage avec Marguerite d'Angoulême et la fondation du domaine royal fait entrer Nérac dans la période la plus brillante de son histoire.


Fils de Jean d'Albret et Catherine de Foix, Henri d'Albret devient roi de Navarre en 1517. En 1525, suite à la célèbre bataille de Pavie il est fait prisonnier par les troupes de Charles Quint en compagnie du roi de France, François Ier, mais réussit à s'évader. Le prestige de cette évasion lui permet d'épouser en 1527 Marguerite d'Angoulême, soeur de François Ier, l'une des personnalités les plus influentes de la cour de France.

 

Pour Henri d’Albret devenir un parent du roi de France c’est l’occasion de réaliser son voeu le plus cher : récupérer la Navarre espagnole perdue depuis 1512 lorsque Ferdinand d'Aragon l’avait annexé. Peine perdue, ce mariage ne lui apportera jamais l'aide française nécessaire à sa reconquête.

À Nérac dans le domaine de son château seigneurial, Henri d'Albret acquiert les terrains situés sur la rive gauche de la Baïse en 1529 pour y faire aménager un jardin d'agrément muré dans lequel son épouse Marguerite d’Angoulême aimait s’y promener.

 

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Johannes Brenz, Henri d’Albret tenant à la main une marguerite, vers 1527 – © Bibliothèque de l’Arsenal à Paris

  

 À Nérac, marchez sur les traces d'Henri d'Albret !   

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2  
1. Le Château-Musée Henri IV
17. Le Parc de la Garenne
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 

Le parcours des Jardins du Roy

On accédait aux jardins depuis le château par un escalier couvert dans l’aile Est, puis par une terrasse aux pieds des remparts bordée de cyprès et enfin par un bosquet d’ormeaux.

On pouvait également trouver une tortuguère, un élevage de tortues destinées soit à la consommation ou à la médecine, les tortues étant à cette époque réputées pour leurs vertus culinaires et médicinales.

Enfin, on entrait dans ce jardin de plaisance à la française composé de deux allées propices à la promenade mais aussi à la pratique du jeu de mail, l’ancêtre du golf et du criquet. Au croisement des deux allées s'élevait la fontaine du Griffon, ornée de statues en marbre de vaches, l’emblème des armes de la maison du Béarn. Des vestiges subsistent près du Pont Neuf, sur la rive gauche. 

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Dessin représentant les différentes parties des Jardins du Roy, 1777, II Z940 (Archives départementales de Gironde) – © ADLFI

 

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 Pavillon des Bains du Roy, début du XVIème siècle – © OTVA

Toujours dans les Jardins du Roi une tour octogonale sur deux niveaux, le Pavillon des Bains du Roy, pourrait avoir été édifié au début XVIème siècle sous Henri d’Albret.

Selon la tradition locale, les dames de la cour venaient s’y déshabiller afin de se baigner dans la Baïse, un usage sujet à discussion. Il est plus probable que le Pavillon fut tout d’abord un bâtiment défensif en raison de l’épaisseur des murs et de son intégration à une muraille puis plus tard un espace de repos, où l’on servait des collations en raison du relatif éloignement du château avec le jardin.

À son emplacement se trouve aujourd’hui un jardin d’évocation Renaissance aménagé en 2009 qui représente environ 1/10ème des jardins du XVIème siècle. 

 

Marianne Alespée, la bien-aimée d'Henri d'Albret

Selon la tradition locale, Henri d’Albret aurait passé commande de deux monuments installés au XVIème siècle le long de l’allée d’ormeaux :

  • Le Palais des Mariannes, un petit pavillon rustique mis à la disposition de sa maîtresse Marianne Alespée, auquel il rendait visite. Cependant, il semble difficile de concevoir, même en tenant compte des moeurs du XVIème siècle, que le roi de Navarre ait pu loger sa maîtresse au milieu du jardin royal ;

  • Au bout de l’allée, Henri d'Albret fait construire la Fontaine des Poupettes, un lieu discret où il retrouvait sa maîtresse Marianne d’Alespée. Les deux conduits qui laissaient couler l’eau sortaient de deux seins moulés, selon la légende, sur la poitrine de sa favorite. Le nom gascon de fontaine « de las Poupetos » signifierait fontaine des petits seins... Ses vestiges ont été transférés à la Garenne dans les années 1980.

Fontaine des Poupettes Garenne

 Vestiges de la fontaine des Poupettes dans le Parc de la Garenne à Nérac - © OTVA

Attribuée traditionnellement à Henri d’Albret, la commande de ces deux monuments est contredite par les comptes du jardin de Nérac qui mentionnent leur paiement à l’architecte Hervé Boulard en 1580. Or, Henri d’Albret était décédé en 1555. Leur réel commanditaire reste un mystère…

 

La première Garenne

Sur la rive droite de la Baïse, Henri d’Albret implante une garenne dès la fin des années 1510. Il s’agit d’un lieu qui sert de réserve dans lequel bois, poissons ou gibiers sont protégés et où seul le propriétaire, ici le seigneur d’Albret, peut y avoir le privilège de la chasse.
Des aménagements ultérieurs seront réalisés par ses successeurs : Antoine de Bourbon l’agrandit par expropriation faisant étendre la Garenne du Petit Nérac à la fontaine Saint-Jean puis Marguerite de Valois la prolonge avec l’allée des 3000 pas jusqu’au bourg de Nazareth.

 

La naissance d'un futur roi de France

On doit également à Henri d’Albret la naissance de son petit-fils Henri IV au Château de Pau. Le roi de Navarre qui a peur pour sa lignée après avoir perdu un fils et deux petits-fils exige à sa fille Jeanne d’Albret d’accoucher à Pau qui offre plus de commodités pour l’événement attendu.

Surtout, Henri d’Albret veut être le seul maître à bord et laisser un rôle de figurant à son gendre Antoine de Bourbon, ce que montre très bien le tableau ci-contre que l’on peut admirer au Château-Musée Henri IV de Nérac.

Malheureusement, il n’aura pas le temps de transmettre à son petit-fils les ficelles du pouvoir décédant deux années plus tard en 1555.

tableau naissance

Jean-Baptiste-Emile Bourrières, Naissance d’Henri IV, XIXème siècle. Au centre, Henri d’Albret porte son petit-fils, le futur Henri IV, qu’il montre à la cour présente pour l’accouchement – 
© Château-Musée Henri IV à Nérac
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jeremie.hache@albret-tourisme.com (Jérémie) Personnages Wed, 12 Aug 2015 15:20:42 +0200