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Henri IV, le roi gascon (1553-1610)

Portrait Henri IV
 Frans Pourbus le Jeune, Portrait d’Henri IV, 1610 -
© Musée du Louvre à Paris

Le panache blanc, la  poule au pot, le Vert-galant, l’Édit de Nantes, les images d'Epinal ne manquent pas pour décrire la silhouette populaire d'Henri IV.


Fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, Henri de Navarre est né en 1553 au château de Pau.
Il y reçoit le baptême béarnais des mains de son grand-père maternel, Henri d’Albret, le jour même de sa naissance. Cette tradition prophylactique consiste à frotter les lèvres du nouveau-né avec une gousse d’ail et à humer quelques gouttes de vin local, le Jurançon.
Élevé notamment au château de Coarraze, où il reçoit selon la tradition une éducation rugueuse à la béarnaise, il côtoie très rapidement le raffinement de la cour royale à Paris où il rencontre le roi Henri II et ses cousins les futurs François II, Charles IX et Henri III.

Le 18 août 1572, lorsqu’il épouse Marguerite de Valois à l’église Notre-Dame de Paris, Henri de Navarre a déjà changé trois fois de religion, il en changera autant de fois après ses noces, essentiellement pour satisfaire ses ambitions politiques.

 

Pourquoi Nérac?

Henri de Navarre effectue quelques courts séjours à Nérac, la ville de ses ancêtres maternelles les Albret, durant son enfance mais c’est surtout lors de son retour en 1577 après ses quatre années de résidence forcée au Louvre suite au massacre de la Saint-Barthélemy qu’il va faire de Nérac la capitale de son gouvernement. De 1577 à 1585, Nérac est ainsi la résidence principale du roi de Navarre, il y séjournera au total près de 900 nuits entre 1577 et 1587. 

 

Le Château-Musée Henri IV de Nérac a accueilli au XVIème siècle les cours de Marguerite d’Angoulême et d'Henri d'Albret; Jeanne d’Albret et Antoine de Bourbon; d’Henri de Navarre et Marguerite de Valois – 
© OTVA

Chateau de Nerac

Henri de Navarre s'installe à Nérac pour diverses raisons :

  • L'affection qu'il porte pour cette ville et son château est certaine. Il a déjà séjourné de nombreuses fois à Nérac. Il signera ainsi ses correspondances avec les souverains européens, tels qu’Elizabeth Ière, reine d’Angleterre : « A Nérac », même lorsqu’il ne réside pas dans la ville. Il se fait même appeler « le meunier de Barbaste » en référence au Moulin des Tours de Barbaste où il passait pour se rendre à sa réserve de chasse de Durance ; 

Moulin des tours

 Moulin des Tours de Barbaste et son pont roman, rue du moulin à Nérac – © OTVA
  • Henri de Navarre se sent en sécurité à Nérac car la ville est alors entouré de longs remparts ce qui peut s’avérer très utile dans une période où la guerre se résume essentiellement à des sièges de villes ;

  • Une raison géopolitique fait de Nérac une cité située entre trois villes du sud-ouest auxquelles Henri de Navarre exerce des responsabilités politiques et religieuses majeures : à Bordeaux, il est gouverneur de Guyenne et y représente l’autorité royale ; à Pau il est roi de Navarre ; à Montauban il mène le parti protestant. La position privilégiée de Nérac lui permet donc de se rendre rapidement dans l’une de ces trois villes ;

  • Enfin, Nérac symbolise la tolérance religieuse qui permet à son épouse et ses compagnons d’armes catholiques d’exercer leurs cultes. A cet usage, Henri de Navarre fait bâtir une petite chapelle dans le Parc de la Garenne et intègre dans son conseil gouvernemental aussi bien des protestants que des catholiques. Henri de Navarre installe donc sa cour à Nérac et non pas à Pau, car la capitale du Béarn symbolise au contraire l’intolérance religieuse suite aux ordonnances ecclésiastiques de Jeanne d’Albret qui bannit le catholicisme dans tout le Béarn.

 


 

À Nérac, marchez sur les traces d'Henri IV !     

 Plan de ville2012Plan-NERAC 2
1. Le Château-Musée Henri IV
6. La statue Henri IV
10. La Maison des Conférences
17. Le Parc de la Garenne
18. Le Pavillon des Bains du Roy
 
 
 

Les Conférences de Nérac

Marguerite de Valois, accompagnée de sa mère Catherine de Médicis, retrouve son époux, le 15 décembre 1578 à Nérac. La présence de la Reine de France est l’occasion idéale pour établir une ère de paix entre catholiques et protestants. En février 1579, le traité est signé. Celui-ci prendra le nom de « Conférences de Nérac » et s’annonce comme un prélude au célèbre Édit de Nantes signé en 1598.

Henri de Navarre qui a négocié directement avec la reine de France et en a tiré des clauses avantageuses, quatorze nouvelles places de sûreté, s'affirme alors comme le véritable chef du parti protestant.

Maison des conferences Nerac

Double façade de la Maison des Conférences, rue des Conférences à Nérac – © OTVA

Pourtant, Catherine de Médicis était venue accompagnée de l’Escadron volant, un bataillon de 300 femmes, selon Brantôme, parmi les plus belles du royaume chargé d’obtenir des avantages diplomatiques auprès des protestants... A Nérac, l'hôtel particulier où a été négociée une partie du traité, située entre l’ancien Hôtel de ville rue de l’École et l’église Saint-Nicolas, a été nommée Maison des Conférences.

 

 

Les ormeaux de la réconciliation

Pour marquer leurs retrouvailles et sceller une réconciliation entre Henri de Navarre et Marguerite de Valois, une petite fête costumée eu lieu juste avant la tenue des Conférences, devant la fontaine Saint-Jean, où l’on planta les « ormeaux de la réconciliation » appelés également « les jumeaux de la Garenne ». Ayant survécu pendant plusieurs siècles, ces arbres ont été abattus en 1971 à cause de la graphiose, la maladie des ormeaux...

ormeaux

Les deux ormeaux, plantés l’un par Henri de Navarre et l’autre par Marguerite de Valois – © Tapie. Phot., édit., Auch

Les débuts du Vert-galant

À Nérac, débute la légende du Vert-galant d'Henri IV, expression désignant les hommes entreprenants auprès des dames et qui lui verra s'être attribué le record royal de 73 maîtresses officielles. L'un de ces récits met en scène Fleurette de Nérac, âgée de 16 ans, fille du jardinier d'Henri de Navarre et qui va le rencontrer en 1572 lorsque celui-ci a 19 ans.
Malheureusement, leur histoire sera courte puisque la même année Henri de Navarre doit aller se marier à Paris avec la reine Margot. Lui promettant alors un dernier rendez-vous galant dans les jardins de Nérac, Fleurette va patienter et attendre Henri qui finalement retenu par les festivités de son départ au château de Nérac ne viendra jamais revoir Fleurette.

statue fleurette

Statue en marbre de Daniel Campagnac, Fleurette de Nérac, 1896, Parc de la Garenne à Nérac - 
© OTVA

De dépit et de chagrin, Fleurette aurait mis fin à ses jours en se jetant dans la rivière Baïse. Dans le Parc de la Garenne, une petite grotte située à proximité de la fontaine Saint-Jean abrite une statue en marbre du XIXème siècle représentant Fleurette de Nérac noyée…

Chose assez surprenante, un chroniqueur néracais du XVIème siècle relate vingt ans plus tard « la mort de Fleurette, Jardinière du Roy » dans son ouvrage sur les morts et naissances des familles ayant une certaine notoriété. Il semble bien que Fleurette ne se soit jamais noyée mais qu’elle fut tout de même aimée par Henri de Navarre…

Nérac fut pour le couple royal un séjour béni au coeur des périodes troublées des Guerres de religion : les jeux, danses, chasses et intrigues amoureuses remplacent pendant un temps les intrigues politiques.
Mais rapidement les fameuses aventures d’Henri de Navarre et Marguerite de Valois ajoutées aux retours des conspirations provoquent la discorde dans le couple. Margot qui n’a toujours pas donné d’enfant à son époux s’installe alors à Agen en 1585 où elle rejoint le parti de la Ligue. La rupture est définitive.

 

Les marches du trône

Suite à la mort d’Henri III en 1589, Henri de Navarre devient son héritier légitime grâce à sa lignée paternelle qui possède un lointain aïeul commun avec les Valois : Saint-Louis. Les Bourbons succèdent aux Valois et Henri de Navarre devient Henri IV, premier roi de France et de Navarre.

Henri IV, le protestant se lance alors à la reconquête d’un Royaume à grande majorité catholique qui ne le reconnaîtra comme son roi légitime qu’en 1593 après son abjuration du protestantisme et son sacre à Saint-Denis en 1594. 

statue henri iv

Nicolas-Bernard Raggi, Statue en bronze d'Henri IV, 1819-1829, Place du Général Leclerc à Nérac - 
© Michel Dubau, Inventaire général, ADAGP

L’Albret qu’es aquo ?

L'Albret : Un passé riche d'histoires

Irrigué par l'or bleu de la Baïse et de la Garonne, enrichi par l'or rouge du Vignoble de Buzet, vivifié par l'or vert des pins et des vergers, le pays d'Henri IV et des Albret est une destination pleine de charmes et d'éclats. Suivez le guide !

Si la Gascogne était un bijou, l’Albret serait alors sa pierre précieuse. Chaque paysage, chaque pierre éclate des reflets d’une histoire riche et passionnante. Le courage des Sotiates, derniers véritables irréductibles gaulois, les sombres heures des guerres de religion et l’empreinte du bon roi Henri IV ont, au fil des temps, forgé ce bijou mystérieux aux couleurs parfois terribles et sanglantes, parfois cocasses ou romantiques que l’on nomme coeur d’Albret. Les Albretois, conscients et amoureux de leur histoire, ont su préserver cet extraordinaire patrimoine. Leur verve si particulière vous transportera aux frontières d’une histoire où se côtoient légendes et réalités.

 Parcourir l'Albret c'est partir à l'aventure et remonter le temps à la découverte de ses trésors !

 

 

Une histoire familiale

Il était une fois, il y a très longtemps, une famille des Landes qui avait son château au modeste village de Labrit : les sires d’Albret.
Et oui Nérac n’a pas toujours été la capitale des Albret et surtout l’Albret n’a pas toujours été gouverné par les Albret. Vous suivez toujours ? Non ? Résumons !

Avant 1130, les Albret n’ont aucun lien avec Nérac…quelle tristesse ! Ce sont même les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Condom qui ont possession de la ville et de la seigneurie de Nérac depuis 1088 ! Alors par quelle fortune les Albret ont délaissé leurs terres de Labrit pour arriver à Nérac ?
Grâce à ces mêmes moines qui vont aller chercher Amanieu II d’Albret et le nommer protecteur des terres de Nérac en 1130-1143.
Les moines vont gouverner Nérac durant deux siècles mais devant l’ascension des Albret, les pauvres moines se voient obliger de céder leurs droits et terres de Nérac à Amanieu VI, premier Albret seigneur de Nérac en 1306. Enfin !

Les Albret et Nérac sont désormais liés et cette histoire d’amour va durer des siècles ! Ils feront de Nérac leur capitale et donneront même leur nom à nos terres, le Pays d’Albret, érigé en Duché par le roi de France Henri II en 1556.
Cette petite famille d’origine modeste accèdera au trône de Navarre en 1484 par mariage avec l’héritière de ce royaume Catherine de Foix. Pendant un siècle, leur ascension sera fulgurante et connaîtra son apogée lorsque l’idole locale, un prince nommé Henri de Navarre accèdera par jeu de succession au trône de France… Henri IV bien sûr !

 

 

Une unité territoriale

L’Albret c’est également un territoire avec une mosaïques de paysages ! A l’ouest le pays est bordé par le sable des Landes, plus grande forêt d’Europe, au nord par la vallée de la Garonne, verger de la France, à l’est par les coteaux argilo-calcaires et ses champs de vignes, et enfin au sud par ses vallons et rivières qui parcourent le pays.

Cette multiplicité de paysages trouve sa cohérence grâce aux vallées de la Baïse et de la Gélise qui cimentent l’Albret depuis le sud et confluent tout près du Moulin des Tours de Barbaste, cher au cœur d’Henri IV.

Aujourd’hui l’Albret se résume en quelques chiffres : 33 communes, près de 27.000 habitants et une superficie de 769km2 qui en fait la plus grand entité lot-et-garonnaise.

 

Carte de lAlbret 17-18

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Une identité & des traditions

Mais aujourd’hui l’Albret c’est surtout une identité et des valeurs gasconnes. Ses habitants qui vivent sur une terre d’abondance, le terroir gourmand du Sud-Ouest et sa culture gastronomique, sont reconnus comme de bons vivants ! Ils ont une affection particulière pour les plaisirs de la table qui font partie intégrante de leur vie sociale : les repas entre amis, les marchés nocturnes et gourmands de l’été, les apéritifs improvisés, où les produits régionaux vins de pays et produits du canard en tête ont leurs faveurs, entretiennent la convivialité locale lors de réunions festives.

Les gascons ont des clichés qui leurs collent à la peau ! Souvent qualifié de menteurs, querelleurs, paillards, de mauvaise foi et même de beaux parleurs, ils sont surtout fiers de leur territoire, terres d’histoire et de traditions et de leurs patrimoines préservés.

JP Caillau

 

L’Albret a traversé les siècles en s’imprégnant du passé sans jamais renoncer à sa modernité. Son patrimoine, ses coutumes, sa qualité de vie : cette terre de partage authentiquement gasconne saura vous charmer !